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30Aug
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Enseigner: le plus beau métier du monde

Elle se décrit comme une éducatrice dans l’âme. Jakaranda Neptune a été élevée par des enseignants, dans les couloirs des écoles dirigées par les membres de sa famille.

Quoiqu’ initialement attirée par le droit (elle détient une Maîtrise en Droit International et un Master’s en Droits de l’Homme), elle s’est laissée rattraper par sa passion et fonde, en 2010, le Collège les Oliviers, avec son père, Jean Claude Neptune, mathématicien et enseignant de carrière. Elle partage son temps entre ses deux enfants et son école. Un petit tour d’horizon sur le Collège les Oliviers.

Dites-nous en plus sur Collège les Oliviers. Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Le Collège les Oliviers a vu le jour au lendemain du séisme du 12 janvier 2010. Le Collège Antillais qu’avait fondé mon père, avait alors dû fermer. Nous avons décidé de recommencer, pour Haïti. Le Collège porte le nom de mon frère, Jean Olivier, que le séisme nous a ravi mais dont le souvenir et l’énergie nous accompagnent au quotidien.

Quelle méthode d’apprentissage utilisez-vous ?

Notre philosophie est simple : l’enfant a envie d’apprendre, notre rôle est d’exploiter cette envie, en créant un environnement bienveillant. Notre équipe s’efforce de créer ce climat en établissant un dialogue avec les élèves, où les erreurs font partie intégrante du processus d’apprentissage. Les objectifs et les attentes sont clairs, les méthodes explicites.

Offrez-vous des activités autres que scolaires aux élèves ? Si oui, lesquelles ?

Tout ce qui participe à transmettre des valeurs solides, à ouvrir l’esprit et à construire l’estime de soi, va de pair avec l’école. Au fil des ans, nous avons proposé à nos élèves diverses activités dont le folklore, la boxe, la natation, le théâtre, les arts plastiques, le chant, le football, selon les disponibilités des différents moniteurs.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ? Le moins ?

J’ai le plus beau métier du monde, qui me permet de tisser des liens réels avec des enfants. La confiance d’un enfant est un cadeau inestimable. J’aime leur franchise, leurs rires, leurs entêtements. Ce qui me plaît moins, c’est le revers de la médaille. Les enfances brisées, les jeunes pour qui la bienveillance de l’équipe ne suffit pas tant les cassures sont profondes.

Quelques recommandations pour que les devoirs se passent bien à la maison…

Je ne suis pas convaincue de l’utilité des devoirs de maison à l’école primaire. Les devoirs sont souvent contre-productifs et creusent les inégalités entre les élèves. On peut s’assurer de l’appropriation des connaissances autrement : à l’école, où les travaux sont alors supervisés par les enseignants. C’est la formule que nous appliquons maintenant au Collège les Oliviers. En tout état de cause, qu’ils soient effectués à l’école ou à la maison, les devoirs doivent être faits par l’élève. Dans le calme, sans écran, sans bruit, avec la possibilité de demander de l’aide à un adulte averti.

Selon vous, comment préparer au mieux un adolescent pour le bac ?

En le rendant autonome. Attention aux leçons particulières : un coup de pouce peut débloquer une situation de manière momentanée. Les habitudes qui s’installent inhibent la capacité de résoudre soi-même les problèmes.

De plus, les sorties, le soir, doivent être gérées de manière responsable. La préparation du bac est un marathon. L’élève doit ménager ses forces et garder son objectif en vue.

Pour conclure, quels conseils donnez-vous aux parents pour une bonne rentrée ?

La rentrée a toujours été mon moment préféré de l’année : tout est possible, tous les rêves sont réalisables. Lorsque des objectifs réalistes sont fixés, une routine simple établie, les attentes des parents, des enfants et des enseignants identifiées, l’année peut être envisagée de manière sereine.

Publié dans NB #72 – Août 2018

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